<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Sébastien Joffres</title>
	<atom:link href="https://sebastien-joffres.net/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://sebastien-joffres.net/</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Fri, 23 Aug 2024 05:20:03 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	

<image>
	<url>https://sebastien-joffres.net/wp-content/uploads/2020/09/Favico-logo-150x150.png</url>
	<title>Sébastien Joffres</title>
	<link>https://sebastien-joffres.net/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Faire recherche &#8211; orientation d&#8217;un objet à venir</title>
		<link>https://sebastien-joffres.net/faire-recherche-orientation-dun-objet-a-venir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Joffres]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Aug 2024 05:20:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Faire recherche]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sebastien-joffres.net/?p=548</guid>

					<description><![CDATA[<p>Faire recherche&#8230; Latour1 et d&#8217;autres ont montré que derrière les discours épistémologiques, la recherche était une pratique. Et encore d&#8217;autres ont pu décrypter comment la recherche relevait d&#8217;une pratique institutionnelle avec ses rapports de pouvoir, ses inégalités épistémiques, ses rapports de force maintenus pour garder des privilèges2, etc. Pour autant, dès que nous en parlons, [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/faire-recherche-orientation-dun-objet-a-venir/">Faire recherche &#8211; orientation d&rsquo;un objet à venir</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Faire recherche&#8230; Latour<sup data-fn="6d414380-297c-4d5e-93bb-5bd2f2a10d8c" class="fn"><a id="6d414380-297c-4d5e-93bb-5bd2f2a10d8c-link" href="#6d414380-297c-4d5e-93bb-5bd2f2a10d8c">1</a></sup> et d&rsquo;autres ont montré que derrière les discours épistémologiques, la recherche était une pratique. Et encore d&rsquo;autres ont pu décrypter comment la recherche relevait d&rsquo;une pratique institutionnelle avec ses rapports de pouvoir, ses inégalités épistémiques, ses rapports de force maintenus pour garder des privilèges<sup data-fn="47570495-5783-4297-a2b8-f845aeed50c3" class="fn"><a id="47570495-5783-4297-a2b8-f845aeed50c3-link" href="#47570495-5783-4297-a2b8-f845aeed50c3">2</a></sup>, etc. </p>



<p>Pour autant, dès que nous en parlons, il est facile de perdre de vue la praxis qu&rsquo;elle implique pour pérorer seulement à une échelle épistémologique et d&rsquo;en faire une « chose » qui existerait par elle-même. </p>



<p>Pour ma part, je pratique la recherche dans un contexte institutionnel qui n&rsquo;est premièrement pas celui, habituel, de l&rsquo;université, celui où son habitus est de rigueur. Pour autant, les centres de formation en travail social, dans leur diversité, sont à un moment de leur histoire, pour des raisons stratégiques et légales, où ils doivent faire exister « de la recherche » en leur sein (les guillemets n&rsquo;indiquent ici que le caractère grandement indéterminé de l&rsquo;entreprise, et non un mépris)<sup data-fn="7d6c7a57-d908-426f-b81a-e0cf8b9b5d9a" class="fn"><a id="7d6c7a57-d908-426f-b81a-e0cf8b9b5d9a-link" href="#7d6c7a57-d908-426f-b81a-e0cf8b9b5d9a">3</a></sup>. </p>



<p>Si certains y voient une situation dégradée, une impossibilité, un non-sens, je préfère y voir ce qu&rsquo;elle est sur un plan pragmatiste et tout latourien : une situation de controverse par l&rsquo;action où, quotidiennement, la question de ce qu&rsquo;est la recherche se pose. D&rsquo;une certaine façon, c&rsquo;est une chance que de contribuer au possible avènement d&rsquo;un espace institutionnel de recherche et de pouvoir en chroniquer le quotidien, celui d&rsquo;une tentative<sup data-fn="b9bc22ca-da72-4ff2-bc22-70cbeb34aaa3" class="fn"><a id="b9bc22ca-da72-4ff2-bc22-70cbeb34aaa3-link" href="#b9bc22ca-da72-4ff2-bc22-70cbeb34aaa3">4</a></sup></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-contrast-color has-alpha-channel-opacity has-contrast-background-color has-background is-style-wide" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--10);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--10)"/>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="6d414380-297c-4d5e-93bb-5bd2f2a10d8c">Par exemple Latour, B., &amp; Woolgar, S. (2013). <em>La vie de laboratoire. La production des faits scientifiques</em>. La Découverte.<br> <a href="#6d414380-297c-4d5e-93bb-5bd2f2a10d8c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="47570495-5783-4297-a2b8-f845aeed50c3">Je pense aux travaux de Foucault, ainsi qu&rsquo;à ceux des féministes, par exemple. <a href="#47570495-5783-4297-a2b8-f845aeed50c3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7d6c7a57-d908-426f-b81a-e0cf8b9b5d9a">Une partie des enjeux sont proposés d&rsquo;une manière très éclairante dans les textes suivants : Ravon, B. &amp; Lechaux, P. (2022). Chapitre 18. Le jardin académique partagé entre enquêteurs compétents. Une expérience lyonnaise de mise en résonance entre savoirs universitaires et savoirs professionnels du travail (du) social. et Lechaux, P., Mezzena, S. &amp; Ravon, B. (2022). Conclusion. Le défi d’une reprise pragmatiste des dispositifs de formation des travailleurs sociaux: Sept chemins pour enfin faire confiance à l’expérience. tous deux issus de P. Lechaux, <em>Les défis de la formation des travailleurs sociaux: Entre universités et écoles professionnelles</em> (pp. 541-572). Nîmes: Champ social. <a href="#7d6c7a57-d908-426f-b81a-e0cf8b9b5d9a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b9bc22ca-da72-4ff2-bc22-70cbeb34aaa3">Staritzsky, L. (2024). <em>Pour une sociologie des tentatives</em> <em>:</em> <em>Faire monde depuis nos vies quotidiennes</em>. Éditions du communs. <a href="#b9bc22ca-da72-4ff2-bc22-70cbeb34aaa3-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/faire-recherche-orientation-dun-objet-a-venir/">Faire recherche &#8211; orientation d&rsquo;un objet à venir</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Du partage à l&#8217;exclusion : braconnages sociologiques sur les terres de Rancière ». Rusca, 6, 2014.</title>
		<link>https://sebastien-joffres.net/du-partage-a-lexclusion-braconnages-sociologiques-sur-les-terres-de-ranciere-rusca-6-2014/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Joffres]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Aug 2024 19:20:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Notion]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sebastien-joffres.net/?p=475</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ce texte propose une appropriation du concept de partage du sensible, développé par Rancière, déplacé des champs de l'art et de la politique vers le travail social et la santé.</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/du-partage-a-lexclusion-braconnages-sociologiques-sur-les-terres-de-ranciere-rusca-6-2014/">« Du partage à l&rsquo;exclusion : braconnages sociologiques sur les terres de Rancière ». Rusca, 6, 2014.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em>Ce texte est un de mes premiers articles. Il découle de ma première contribution à un colloque universitaire. Ce numéro de la revue Rusca n&rsquo;étant plus accessible, je mets le texte à disposition sur cette page. </em></p>



<p></p>



<p>Au cours d’une charge d’enseignement auprès d’étudiants infirmiers et moniteurs-éducateurs, nous avons été amené à réfléchir à un cadre d’analyse qui leur permettrait d’approcher de manière réflexive leurs expériences de terrain. Et ce, par le biais d’une démarche sociologique. C’est étonnamment du côté de Jacques Rancière, dans son travail sur le partage du sensible, que nous avons trouvé un point de départ. Il s’agira pour nous, après une présentation du travail de Rancière, de développer comment le sociologue s’est approprié le philosophe. C’est donc à une explication de braconnage conceptuel que nous allons nous livrer ici. Rancière devrait nous en excuser, lui qui lutte pour la transgression des frontières, dont celles qui définissent les disciplines universitaires. Dans un dernier temps, nous proposerons les réflexions que ce travail nous a inspirées sur l’exclusion. Elles seront en décalage avec le sens habituellement prêté à ce terme. Mais elles présenteront l’intérêt de pouvoir s’inscrire au coeur d’une analyse des pratiques professionnelles et de ce qu’elles produisent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><a><strong><em>Ce que Rancière nous dit</em></strong></a></h2>



<p>Par l’expression « partage du sensible », Rancière désigne le découpage de l’espace social par des frontières définissant un commun que les individus partagent, des parts exclusives revenant à certains ainsi que l’absence de part pour d’autres. Sa construction conceptuelle s’insère dans un travail d’ensemble dont le but est de comprendre « comment quelqu’un, à une place donnée, peut percevoir et penser son monde. »<sup data-fn="cdef3d2b-e76b-4421-8d84-a9656afd8dea" class="fn"><a id="cdef3d2b-e76b-4421-8d84-a9656afd8dea-link" href="#cdef3d2b-e76b-4421-8d84-a9656afd8dea">1</a></sup> Ce partage est un « système d’évidences sensibles », de « formes <em>a priori </em>de ce qui se donne à ressentir »<sup data-fn="7265491d-4333-4ff8-a293-1bd77c3f5a0d" class="fn"><a id="7265491d-4333-4ff8-a293-1bd77c3f5a0d-link" href="#7265491d-4333-4ff8-a293-1bd77c3f5a0d">2</a></sup> qui viennent structurer la perception d’autrui. Cette dernière est à comprendre selon un double sens : celle qu’autrui a et celle que nous avons d’autrui. C’est ainsi que le partage du sensible vient déterminer ce qui est audible et ce qui est visible. Il établit une séparation entre ce qui est perceptible et ce qui ne l’est pas. Nous devons noter que cette question articule la dimension cognitive de la perception, au sens de grille d’appréhension du monde, ainsi que sa dimension éminemment conflictuelle. Il y a une lutte pour la légitimité et l’imposition d’un certain ordre sensible qui guidera la perception vers ce qu’il y a voir ou à ignorer et contraindra les comportements de manière à faire montrer, dire ou au contraire à faire cacher ou taire.</p>



<p>Ces frontières découpent notre expérience en différents espaces et temps, y répartissant les activités possibles en fonction de la part qui nous revient. Dans cette structuration, certaines choses seront visibles ou non, pourront être montrées ou non, seront audibles ou non. Les individus sont distribués dans ce découpage. Le partage établit des identités, des positions, des visibilités, des choses pensables, d’autres inimaginables. Il organise l’expérience concrète et sensible que nous avons du monde. Les parts dont parle Rancière sont ces places que nous avons dans l’espace social ainsi que l’expérience sensible dont nous héritons et que les autres ont de nous.</p>



<p>Prenons un exemple relevant de l’univers médical qui permet de commencer à mettre Rancière au travail. L’hôpital est découpé en différents espaces : couloirs, chambres, salles d’examen… Il y a fort à parier que la nudité du patient, bien que courante dans ce lieu, ne puisse avoir droit de cité dans tous les espaces. Sa place est dans la chambre ainsi que dans les salles d’examen et d’opération par exemple. Le couloir n’est pas un lieu où il est permis de donner à voir sa nudité. Au-delà de cette répartition dans l’espace, nous pouvons penser que les temps structurent aussi l’autorisation de la visibilité du corps nu. Si un professionnel rentre dans une chambre, que le patient y est nu, debout, cela peut poser souci, alors que lors de la toilette, la nudité sera <em>normale</em>. Nous pouvons ensuite nous poser la question du rapport à la nudité du patient. L’éthique professionnelle tente de l’encadrer. Il doit être rationnel. Par exemple, bien que possible, son érotisation n’est pas permise. Le caractère sensible de l’expérience de la nudité est donc régi par un ensemble de normes qui obligent un <em>regard</em> professionnel. Et pour clore cet exemple, nous pourrions dire que la nudité du professionnel est interdite, sauf si sa part dans la situation est celle de patient. Nous voyons bien dans cet exemple que se joue la question des espaces, des temps, des activités qui s’y répartissent et celle de ce que l’on a le droit de montrer, de voir et du type de regard qui y est légitime. Ces différentes dimensions caractérisent le partage du sensible.</p>



<p>Derrière les termes de « visible » et d’« audible », il faut pouvoir imaginer toutes les déclinaisons que nous pouvons en faire : être visible, pouvoir rendre visible, être perceptible, être mis en avant, voir, entendre, ne pas être entendu, ne pas comprendre des propos… Les évidences sensibles structurent tout cela. Pour aller plus loin et approfondir la compréhension de ces dimensions, prenons un exemple donné par Rancière. Dans <em>La mésentente</em><sup data-fn="2216c353-8c0a-4e49-a4c7-057213a77ad8" class="fn"><a id="2216c353-8c0a-4e49-a4c7-057213a77ad8-link" href="#2216c353-8c0a-4e49-a4c7-057213a77ad8">3</a></sup>, il écrit sur la situation des plébéiens, ces gens du peuple de la république grecque. Les citoyens, détenteurs de l’ordre légitime, les considéraient comme incapables de discours politiques. Ils leur reconnaissaient la seule capacité à émettre des bruits, comme les animaux, des bruits exprimant uniquement des besoins et états émotionnels. Point de discours rationnel pour eux. Rancière raconte une de leur révolte, au travers de laquelle, ce partage, défini par les dominants a été ébranlé. A été ainsi mise en vue la capacité politique des plébéiens, rendant leur parole audible pour les dominants. La nature de leur discours n’a pas changé. C’est sa place dans l’ordre sensible qui a bougé, qui a obtenu une reconnaissance nouvelle.</p>



<p>C’est en cela que le partage du sensible ne peut être vu comme désignant simplement la dimension cognitive de la perception. Il indique aussi pleinement la nature construite et relative des places et des perceptions, dénigrantes ou positives, d’autrui, en fonction de sa place dans la structure sociale. Il théorise la répartition des compétences reconnues aux individus en fonction de leurs appartenances.</p>



<p>Nous retrouvons en fait deux nuances qu’offre le terme de partage. La première indique le découpage d’une entité en différentes parts. Par exemple, dans une institution accueillant des usagers en situation de handicap, nous pouvons penser que les lieux sont répartis entre les acteurs : les résidents ont des chambres, les éducateurs des bureaux, puis il existe des parties communes. Il en est de même d’une répartition des rôles. La seconde nuance nous centre sur le vécu commun d’une situation. C’est ainsi qu’au sein d’un même lieu d’accueil, professionnels et usagers expérimentent la même institution. Ce commun est partagé de manière inégalitaire, par des frontières établissant les parts inégales des individus, les assignant à des places, à des sensibilités différentes, à des discours différents… L’expérience sociale ainsi présentée est celle d’une altérité marquée le plus souvent par l’asymétrie des positions. Les parts sont caractérisées par leur situation dans ce découpage et reviennent aux individus de manière différenciée. Tous n’ont pas les mêmes parts, et certains n’ont pas de part : ils sont exclus du commun (ex : nudité à l’hôpital). La différence de part se caractérise par des différences d’expérience sensible au quotidien : cela se déplie sur ce que l’on voit, que l’on montre, que l’on dit, que l’on entend, … Rancière place ainsi l’altérité au centre de l’expérience. C’est une altérité caractérisée par la dissymétrie à l’inverse d’une altérité qui désignerait un autre semblable.</p>



<p>Pour aller plus loin, Rancière ne se limite pas à théoriser l’existence d’un partage du sensible. Son travail vient réfléchir l’émancipation des individus, comme un processus de traversée des frontières posées par le découpage<sup data-fn="90cf9684-bfbd-4df8-beb2-8de72e32ae57" class="fn"><a id="90cf9684-bfbd-4df8-beb2-8de72e32ae57-link" href="#90cf9684-bfbd-4df8-beb2-8de72e32ae57">4</a></sup>. Cela revient à quitter la place qui nous est attribuée, définie par des compétences et des incompétences. Elle est alors une reconfiguration sensible de sa propre expérience. Dans <em>la Mésentente</em>, Rancière oppose la police comme logique d’organisation du corps social selon une logique des places, à la politique comme activité « qui rompt la configuration sensible où se définissent les parties et les parts ou leur absence par une présupposition qui n’y a par définition pas de place. (…) L’activité politique est celle qui déplace un corps du lieu qui lui était assigné ou change la destination d’un lieu ; elle fait voir ce qui n’avait pas lieu d’être vu, fait entendre comme discours ce qui n’était entendu que comme bruit. »<sup data-fn="dc7acb8e-18b1-4a8e-9c6a-6dc86d40904e" class="fn"><a id="dc7acb8e-18b1-4a8e-9c6a-6dc86d40904e-link" href="#dc7acb8e-18b1-4a8e-9c6a-6dc86d40904e">5</a></sup>. C’est un processus d’émancipation qui se fait par le biais d’un collectif. C’est une lutte entre deux mondes sensibles. Elle se caractérise par l’opposition d’un monde sensible présupposant de la compétence de  « n’importe qui » par rapport à l’ordre dominant habituel, distribuant des parts inégales. La politique est donc une dynamique tendant vers l’altérité caractérisée par l’égalité.</p>



<p>Pour terminer, au-delà du processus politique, les écrits de Rancière laissent entendre que deux ordres sensibles peuvent s’opposer sans que l’égalité soit centrale. Ce que nous voulons mettre en avant en rappelant cette dimension du partage du sensible, c’est son aspect dynamique et construit. Il n’est pas un partage établit <em>ad eternam</em>, ni un partage univoque. Cette question du sensible est mobile, du fait des luttes qu’elle suscite.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><a><strong><em>De Rancière au sociologue</em></strong></a></h2>



<p>Il s’agit maintenant de voir de quelles manières est-ce que la lecture de Rancière peut intéresser le sociologue pour proposer une démarche réflexive au professionnel du soin et du social. Nous allons proposer plusieurs points d’entrée sociologiques sur cette question.</p>



<p>Pour commencer, nous miserons sur la dimension cognitive du partage du sensible. Le lien, qui nous semble aller de soi avec la sociologie est celui que nous pouvons faire avec la théorie de Berger et Luckmann à savoir celle de la construction sociale de la réalité. Ils expriment l’idée que se construisent des visions locales et historiques du monde. Le processus de socialisation revient alors à l’incorporation de cet « univers symbolique et culturel »<sup data-fn="e252fefc-dd4c-461f-9ee6-b62f181ca3d4" class="fn"><a id="e252fefc-dd4c-461f-9ee6-b62f181ca3d4-link" href="#e252fefc-dd4c-461f-9ee6-b62f181ca3d4">6</a></sup>. Cette vision du monde, nécessairement relative, devient pour l’être socialisé le monde réel. L’originalité de Berger et Luckmann est d’avoir considéré que la socialisation n’est pas qu’un processus propre à l’enfant, mais qu’il concerne aussi les adultes. Ainsi, par le terme de socialisation secondaire, ils désignent l’« intériorisation de sous-mondes institutionnels spécialisés », l’« acquisition de savoirs spécifiques et de rôles directement ou indirectement enracinés dans la division du travail. »<sup data-fn="7dc599e2-3982-4da8-978b-a6f2a805a4b5" class="fn"><a id="7dc599e2-3982-4da8-978b-a6f2a805a4b5-link" href="#7dc599e2-3982-4da8-978b-a6f2a805a4b5">7</a></sup> Il existe un lien évident entre le partage du sensible et le couple réalité sociale/socialisation. Le partage du sensible est, entre autres, le fruit d’une incorporation de la réalité sociale, produit d’une construction, dans le cadre de la socialisation des individus. Par l’intégration d’un monde ou d’un « sous-monde institutionnel » les individus intègrent des grilles de lecture de la réalité qui sont à mettre en lien avec les « systèmes d’évidences sensibles ». Pour analyser le partage du sensible dans un univers professionnel, il est donc primordial de se pencher sur la réalité sociale intégrée par les individus. Il s’agit de pouvoir analyser à travers quelles grilles de lecture ils sont en rapport avec le monde. Il faut porter son attention sur ce que d’autres appelleraient les représentations sociales ou l’idéologie au sens de Maffesoli<sup data-fn="b2dea2a1-7494-4332-88e9-3bf439bc2ee8" class="fn"><a id="b2dea2a1-7494-4332-88e9-3bf439bc2ee8-link" href="#b2dea2a1-7494-4332-88e9-3bf439bc2ee8">8</a></sup>.</p>



<p>Ensuite, Dubar précise de la manière suivante les savoirs spécifiques qui entrent en jeu dans la socialisation secondaire : « ce sont des machineries conceptuelles comprenant un vocabulaire, des recettes (ou formules, propositions, procédures), un programme formalisé et un véritable  ‘’univers symbolique’’ véhiculant une conception du monde. »<sup data-fn="ee2c958f-5cd6-4a10-aa6d-ed2531fc56a6" class="fn"><a id="ee2c958f-5cd6-4a10-aa6d-ed2531fc56a6-link" href="#ee2c958f-5cd6-4a10-aa6d-ed2531fc56a6">9</a></sup>  Ainsi, nous pensons que l’étude de la réalité sociale d’un univers professionnel doit pouvoir se pencher de manière spécifique sur ces savoirs mobilisés. Rancière nous oriente dans ce sens lorsqu’il écrit que « la sensibilité à un phénomène est toujours liée à la manière dont un phénomène est nommé et rationalisé. »<sup data-fn="1444992f-8d26-4fb1-bc9a-e1a3fe3e5627" class="fn"><a id="1444992f-8d26-4fb1-bc9a-e1a3fe3e5627-link" href="#1444992f-8d26-4fb1-bc9a-e1a3fe3e5627">10</a></sup> Les savoirs ont cette particularité de constituer une rationalisation des phénomènes auxquels les professionnels sont confrontés. Concernant le monde médical, nous savons bien que la rationalisation bat son plein au travers de la démarche scientifique qui découvre, observe, classifie… Du côté du travail social, cette démarche est différente. Elle est difficile car, comme le véhicule l’idéologie professionnelle, c’est de l’être humain dont il est question. Le concept rationnel laisse alors échapper beaucoup. C’est un milieu qui n’a pas un corpus précis de savoirs et de techniques propres permettant d’appuyer la pratique. Cependant, les travailleurs sociaux ont l’habitude d’emprunter aux sciences humaines et notamment à la psychologie par exemple. C’est par ailleurs un milieu où les « paradigmes » professionnels et politiques se succèdent pour désigner problèmes, solutions et méthodes. Ce sont des éléments qu’il s’agit de sonder pour comprendre l’univers symbolique sur lequel le partage du sensible peut reposer.</p>



<p>Michel Maffesoli, dans<em> La connaissance ordinaire</em>, rappelle l’importance de la considération à accorder aux idéologies. Par ce terme, il désigne ce qui peut se rapprocher de ce que nous avons appelé univers symbolique. Se pencher sur les idéologies amène à considérer la présence de ce qu’il appelle le polythéisme, donc d’une multiplicité complexe, antagonique, en évolution, des représentations qui sous-tendent la société. Maffesoli oppose à cela le monothéisme, image de la volonté positiviste visant à tout saisir, de manière simple et univoque, sous la rationalité scientifique. Ainsi, de notre lecture de Maffesoli, nous retenons fortement son invitation à considérer la complexité de l’univers symbolique. Les idéologies sont multiples, évoluent, meurent, dominent, se coordonnent… S’intéresser à la construction de la réalité par les professionnels ainsi qu’à leurs savoirs, implique de s’en approcher comme d’un phénomène complexe. Il ne s’agit pas de les penser comme une vision monolithique du monde. Elle est multiple.</p>



<p>Après nous être penché sur l’univers symbolique, proposons maintenant un petit détour par la théorie de l’acteur-réseau. Tout au long de son plaidoyer pour une nouvelle sociologie, Latour<sup data-fn="23d1c280-a253-46a3-8cd5-f9b43069d5af" class="fn"><a id="23d1c280-a253-46a3-8cd5-f9b43069d5af-link" href="#23d1c280-a253-46a3-8cd5-f9b43069d5af">11</a></sup> ne cesse d’en appeler à la prise en compte des actants non-humains, comme partie prenante de la configuration des situations. Cette sociologie fait écho à la démarche de Foucault, ou d’Agamben, qui proposent, par le terme de <em>dispositif</em> de tenir compte des objets, des bâtiments, des écrits formels… Les professionnels de la santé et du social mobilisent un ensemble d’outils qui sont des outils permettant la perception et la communication de ces perceptions. Par exemple, l’American Psychiatry Association produit une classification des maladies qui s’appellent le DSM qui est ensuite publiée sous forme de livres et utilisée sur le terrain par les psychiatres. De même, une assistante sociale peut disposer d’un questionnaire de premier accueil d’un usager comme support d’un entretien ou d’un logiciel de base de données pour suivre les usagers. Pour terminer, une institution peut utiliser différents outils pour communiquer les informations prélevées par l’observation. Nous postulons que ce sont autant de dispositifs qui contraignent les pratiques de perception et de communication des perceptions. Cela configure le partage du sensible. Le questionnaire, par exemple, contraint de manière assez évidente. Il ne permet de relever que certaines informations et oriente la réalité qui sera mise à jour et communiquée. De même, des examens de santé rendent visibles un taux de ci, une image de ça, mais pas le vécu du patient. Au-delà de l’univers symbolique, il est pertinent de se pencher sur les outils de perception pour voir de quelles manières ils viennent configurer, en situation, le sensible. Il est évident qu’étudier ces outils de manière déconnectée de l’étude du symbolique serait <em>impertinent</em>.</p>



<p>Nous aimerions maintenant nous pencher sur la dynamique du partage du sensible. De manière simpliste, nous pourrions le penser comme un découpage unanime. Son étude reviendrait alors à définir un partage univoque, un peu à la manière dont Bourdieu a pu dresser le tableau d’une société de places différenciées, peu mouvantes. Cependant, Rancière ouvre comme perspective la mouvance de ce partage du sensible. Par les termes de « politique » et d’« émancipation », il désigne l’affrontement entre deux versions du partage du sensible : l’ordre légitime et une autre proposition de configuration. Cette mouvance peut être sondée à différents niveaux pour les univers professionnels que nous considérons ici. Par exemple, nous pouvons analyser, dans une visée macro, comment le partage du sensible se reconfigure dans la médecine en occident avec la nouvelle place de l’usager. Cependant, nous souhaitons nous centrer plus particulièrement au niveau des réalités vécues quotidiennement par les individus. Notre but est bien de réfléchir à un cadre d’analyse de la relation avec l’usager. Comment saisir alors cette mouvance ? Notre première proposition est de s’en saisir dans une perspective interactionniste, dans la direction proposée par Strauss. La dynamique du sensible n’est alors plus une simple opposition entre une version dominante et une version dominée, mais le produit complexe d’interactions, permettant la construction négociée d’un certain ordre<sup data-fn="3094775d-ccd9-4f38-be07-bbda681b8ff7" class="fn"><a id="3094775d-ccd9-4f38-be07-bbda681b8ff7-link" href="#3094775d-ccd9-4f38-be07-bbda681b8ff7">12</a></sup>. Le partage du sensible désigne donc le produit d’une équilibration constante par le biais des interactions.</p>



<p>De plus, les relations de pouvoir sont un élément important à considérer, car Rancière indique bien que le partage du sensible implique une forme d’assignation à une part donnée, pour ceux qui ne sont pas maîtres de la légitimité. Si nous nous inscrivons dans le postulat d’un ordre négocié, nous ne pouvons mobiliser le paradigme de la domination pour comprendre les dynamiques du partage au quotidien. Il ne permet pas de saisir l’activité des acteurs, de même qu’il postule que c’est essentiellement en dehors des situations que les relations de pouvoir se jouent. A la place, Éric Macé propose de mobiliser le paradigme du pouvoir qu’il définit de la manière suivante dans son champ d’étude qu’est le genre : « ces hiérarchies, ces normes et ces identités de genre (…) sont les enjeux toujours problématiques d’un rapport de pouvoir qui s’exerce en continu dans des relations, des dispositifs, des technologies de sexualité et de genre, ces dernières constituant simultanément les conditions de réalisation de l’exercice de ce pouvoir et le point d’appui de leur résistance. »<sup data-fn="e263d54f-51ee-4ba2-9b10-4a0cd7825dd9" class="fn"><a id="e263d54f-51ee-4ba2-9b10-4a0cd7825dd9-link" href="#e263d54f-51ee-4ba2-9b10-4a0cd7825dd9">13</a></sup> Cette définition attire l’attention sur l’aspect fragile des relations de pouvoirs, sur leur dimension construite. Par ailleurs, elle met en avant la mobilisation de ce que Latour appellerait actants non-humains.</p>



<p>L’entrée par l’ordre négocié ainsi que par les relations de pouvoir nous permet de considérer le partage du sensible dans ce qu’il a de dynamique et de conflictuel. Partant de là il, s’agit de sonder ce qui se construit et comment cela se construit. Il est possible d’étudier quelles sont les normes qui émergent, les rapports que les acteurs construisent vis-à-vis d’elles, la pratique qu’ils en ont et le contenu des relations entre les acteurs. La question du pouvoir permet de sonder de quelles manières un individu peut agir sur l’action d’un autre. Il nous semble que ces deux entrées présentent pour les professionnels l’intérêt de permettre une distanciation d’avec son expérience, tout en concevant son implication dans la construction des situations. Par exemple, les questions pouvant guider ces analyses sont les suivantes : quelles normes se négocient dans l’interaction ? Qui négocie quoi avec qui ? Quels sont les sanctions sociales en cas de résistances ? Quels dispositifs sont mobilisés pour encadrer les pratiques ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><a><strong><em>Le partage de l&rsquo;exclusion</em></strong></a></h2>



<p>C’est résolument dans une volonté d’appréhension de la complexité du fouillis quotidien que nous proposons cette réflexion sur le partage du sensible. Derrière un partage qui peut facilement être vécu comme naturel ou normal, il nous semble que nous avons pu montrer que se trouve une réalité fourmillante, conflictuelle, traversée par les divergences, dans laquelle se construit, par le biais d’un ensemble de mécanismes, un partage du sensible marqué, bien souvent, par l’inégalité des parts. Nous allons maintenant proposer deux réflexions en lien avec l’altérité et l’exclusion que nous a suscitées notre travail sur Rancière.</p>



<p>Agamben<sup data-fn="dbd7391f-af5e-44d8-b5a5-231f38eb69b1" class="fn"><a id="dbd7391f-af5e-44d8-b5a5-231f38eb69b1-link" href="#dbd7391f-af5e-44d8-b5a5-231f38eb69b1">14</a></sup> amène cette idée que le dispositif retire à l’individu un bout de lui-même. Il amène à une certaine forme de subjectivation et ainsi, tour à tour, nous sommes des sujets différents en fonction des dispositifs dans lesquels nous nous trouvons. C’est à rapprocher avec les analyses de Foucault qui postulait qu’il n’y a de sujet que dans un dispositif, et donc, que l’individu se subjective dans un dispositif donné. Ce processus de subjectivation se trouve en tension entre contrainte du dispositif et lutte contre ces contraintes. L’image que ces deux auteurs offrent de l’individu sont celles d’un invidivdu convoqué sous un certain registre par le dispositif qui le capture. D. Memmi<sup data-fn="7f7eba7a-f929-4a2a-87be-66aea704066c" class="fn"><a id="7f7eba7a-f929-4a2a-87be-66aea704066c-link" href="#7f7eba7a-f929-4a2a-87be-66aea704066c">15</a></sup> donne un exemple frappant de cela lorsqu’elle étudie les biopolitiques, dans le cadre de l’interruption médicale de grossesse. Elle explique que dans le dispositif de contrôle, basé sur un entretien avec le corps médical, le médecin convoque un individu rationnel, jouant finement pour que l’individu émotif reste à la porte de la consultation. L’analyse en termes de partage du sensible est claire. Les différents dispositifs proposent un partage impliquant ce qui peut être dit, fait, les types de discours, … Dans le social et le médical, c’est un certain individu qui est attendu comme un individu qui vise l’autonomie ou qui prend sa santé en main. Mais c’est à chaque fois une saisie parcellaire de l’individu qui est proposée, qui officiellement laisse sans part le reste de l’individu et lui fait violence s’il tente de se manifester. C’est pour nous une forme d’exclusion qui se joue ici et qui peut faire l’objet des conflits et des enjeux de la construction du partage du sensible. C’est par exemple ce qui s’est joué au travers de mouvements de malades du SIDA qui ont profondément impacté la part des malades dans la relation patients-médecins. Le partage du sensible venant configurer cette saisie de l’individu dans les dispositifs, il structure en fait les formes du rapport à l’altérité. Et ce qui est exclu de l’individu peut être le moteur pour faire bouger les lignes.</p>



<p>Ensuite, comme nous l’avons déjà exprimé, Rancière parle de compétences reconnues ou non. Nous aimerions amener ici la réflexion sur l’aspect construit de ces compétences. Partons d’un exemple. Nous sommes dans un centre accueillant des personnes en situation de handicap. Ces personnes peuvent être caractérisées par leur capacité à parler, beaucoup étant sans parole. Si cela peut passer pour une compétence propre à l’individu, un peu d’analyse permet de considérer comment, en réalité, le langage est aussi une compétence construite en situation. Par exemple, un résident peine à s’exprimer. Il ne le fait qu’en répondant oui ou non aux questions qu’on lui pose. De ce fait, le personnel lui impose de nombreux choix. Car « il ne peut pas parler ». C’est la première justification qui peut venir à l’esprit. Mais dans l’absolu, n’est-ce pas aussi un manque de temps qui empêche de développer un mode de communication, basé sur des questions fermées, qui permettrait à ce résident d’avoir plus de prise sur les choix qui le concernent ? Et qu’en est-il de cet autre résident, qui s’exprime difficilement. Il est compris aisément par les professionnels qui le connaissent bien. Un peu comme les parents seuls comprennent leur bébé. Cela pose problème pour les nombreux remplaçants qui viennent répondre aux nombreuses absences de professionnels. Ces situations ne viennent qu’imager ce que nous avons déjà évoqué précédemment à savoir la question des compétences et de leur caractère construit. Elles nous permettent aussi de montrer comment ce qui est construit en termes de capacité peut entraîner des processus d’exclusion. Dans le monde médical et social, cette exclusion de la part des compétents impacte essentiellement sur l’autonomie de l’individu.</p>



<p>Évidemment, notre propos, bien qu’incisif, n’est pas là pour critiquer l’univers professionnel. Notre but est simplement d’esquisser une piste de réflexion. Ce partage du sensible à la Rancière n’est-il pas une occasion de déconstruire la (non-)compétence à savoir, à parler, à agir, etc. que l’on attribue à certains et pas à d’autres ? Pour réfléchir à toutes ces frontières entre places que nous créons dans nos interactions et qui attribuent des rôles et des capacités ? Au travers de cette altérité-inégalité qui le caractérise, par opposition à l’altérité-égalité, le partage du sensible permet de penser l’exclusion comme la non-reconnaissance de l’autre comme compétent, comme digne d’être écouté sur un certain type de discours… Rancière postule ce qu’il appelle la compétence de n’importe qui, appelant de cette manière une reconstruction du partage en vue d’une altérité-égalité. Ainsi, son édifice théorique est une prise de position éthique qui peut venir faire écho aux éthiques des professions considérées ici.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><a><strong><em>Avant de terminer</em></strong></a></h2>



<p>Il est de ces concepts dont une phrase ne suffit pas à en faire un tour d’horizon, encore moins à en épuiser la richesse. Si Rancière nous le livre par moment sous la forme d’une phrase, il semble que ce qu’il écrit ensuite vienne la déborder. Le sentiment que nous avons en cette fin d’écrit est d’avoir pu livrer une appropriation de ce partage du sensible, sans pour autant en avoir épuisé la question. Le travail de Rancière est dense et comporte de nombreux détours et recoins. Cette cartographie tumultueuse offre une richesse pour la réflexion, permettant ainsi une démarche heuristique forte que nous espérons avoir montrée dans notre écrit. Michel Maffesoli appelle à l’utilisation de « notions », une forme de conceptualisation moins systématique, simplifiée et schématique que le concept. Au travers de ce terme il espère une recherche qui accepte la complexité du monde et l’incomplétude du savoir, nécessairement parcellaire et inabouti. Il nous semble que le travail de Rancière, du fait de sa densité, a pu nous offrir cette souplesse, pour parcourir au travers de plusieurs entrées sociologiques la question du partage du sensible. C’est une notion dont l’usage s’avère être extrêmement riche pour la réflexion sur les pratiques professionnelles.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--10);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--10)"/>


<ol class="wp-block-footnotes"><li id="cdef3d2b-e76b-4421-8d84-a9656afd8dea">RANCIERE J., <em>Et tant pis pour les gens fatigués</em>, Paris, Éditions Amsterdam, 2009, p.572 <a href="#cdef3d2b-e76b-4421-8d84-a9656afd8dea-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7265491d-4333-4ff8-a293-1bd77c3f5a0d">RANCIERE J., <em>Le partage du sensible</em>, Paris, La fabrique, 2000, p.12-13 <a href="#7265491d-4333-4ff8-a293-1bd77c3f5a0d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="2216c353-8c0a-4e49-a4c7-057213a77ad8">RANCIERE J., <em>La Mésentente</em>, Paris, Galilée, coll. La philosophie en effet, 1995, 188 p. <a href="#2216c353-8c0a-4e49-a4c7-057213a77ad8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="90cf9684-bfbd-4df8-beb2-8de72e32ae57">RANCIERE J.,<em>Et tant pis pour les gens fatigués</em>, <em>Op. Cit.</em>, p. 573 <a href="#90cf9684-bfbd-4df8-beb2-8de72e32ae57-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dc7acb8e-18b1-4a8e-9c6a-6dc86d40904e">RANCIERE J., <em>La Mésentente</em>, <em>Op. Cit.</em>, p.52-53 <a href="#dc7acb8e-18b1-4a8e-9c6a-6dc86d40904e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e252fefc-dd4c-461f-9ee6-b62f181ca3d4">DUBAR C., La socialisation, Paris, Armand Colin, coll. U, 4è éd., 2010, p.94 <a href="#e252fefc-dd4c-461f-9ee6-b62f181ca3d4-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7dc599e2-3982-4da8-978b-a6f2a805a4b5">DUBAR C., La socialisation, <em>Op. Cit.</em>, p. 95 <a href="#7dc599e2-3982-4da8-978b-a6f2a805a4b5-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="b2dea2a1-7494-4332-88e9-3bf439bc2ee8">MAFFESOLI M., La connaissance ordinaire, Paris, Librairie des méridiens, 1985, p. 79-95 <a href="#b2dea2a1-7494-4332-88e9-3bf439bc2ee8-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="ee2c958f-5cd6-4a10-aa6d-ed2531fc56a6">DUBAR C., La socialisation, <em>Op. Cit.</em>, p. 95 <a href="#ee2c958f-5cd6-4a10-aa6d-ed2531fc56a6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="1444992f-8d26-4fb1-bc9a-e1a3fe3e5627">RANCIERE J., <em>Et tant pis pour les gens fatigués</em>, <em>Op. Cit.</em>, p.583 <a href="#1444992f-8d26-4fb1-bc9a-e1a3fe3e5627-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="23d1c280-a253-46a3-8cd5-f9b43069d5af">LATOUR B., <em>Changer de société, refaire de la sociologie</em>, Paris, La découverte/Poche, 2007, 401 p. <a href="#23d1c280-a253-46a3-8cd5-f9b43069d5af-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="3094775d-ccd9-4f38-be07-bbda681b8ff7">STRAUSS A., <em>La trame de la négociation</em>, Paris, L’Harmattan, coll. Logiques sociales, 1991, 311 p. <a href="#3094775d-ccd9-4f38-be07-bbda681b8ff7-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="e263d54f-51ee-4ba2-9b10-4a0cd7825dd9">OULC’HEN H., <em>Les usages de  Foucault</em>, PUF, Paris, coll. Pratiques théoriques, 2014, p. 198 <a href="#e263d54f-51ee-4ba2-9b10-4a0cd7825dd9-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="dbd7391f-af5e-44d8-b5a5-231f38eb69b1">AGAMBEN G., <em>Qu’est-ce qu’un dispositif ?</em>, Paris, Édition Payot et Rivages, 2007, 50 p. <a href="#dbd7391f-af5e-44d8-b5a5-231f38eb69b1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 14"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li><li id="7f7eba7a-f929-4a2a-87be-66aea704066c">MEMMI D., « Archaïsme et modernité de la biopolitique contemporaine : l’interruption médicale de grossesse », <em>in Raisons politiques, </em>Presses de sciences Po, n°9, 2003, p. 125-139 <a href="#7f7eba7a-f929-4a2a-87be-66aea704066c-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 15"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/21a9.png" alt="↩" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" />︎</a></li></ol><p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/du-partage-a-lexclusion-braconnages-sociologiques-sur-les-terres-de-ranciere-rusca-6-2014/">« Du partage à l&rsquo;exclusion : braconnages sociologiques sur les terres de Rancière ». Rusca, 6, 2014.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Le face-à-face pédagogique, un bien commun ? Un sociologue, entre réalité et rêve ». VST, 2022, 65-71.</title>
		<link>https://sebastien-joffres.net/le-face-a-face-pedagogique-un-bien-commun-un-sociologue-entre-realite-et-reve-vst-vie-sociale-et-traitements-2022-65-71/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Joffres]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Aug 2024 01:22:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sebastien-joffres.net/?p=497</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ce texte est issu de la conclusion de ma thèse réfléchie comme une face B, dévoilant dans l'après-coup un motif directeur de mon travail de recherche, le "produit de contraste" m'ayant amené à analyser essentiellement les points de cloisonnement et de distinction d'une institution.</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/le-face-a-face-pedagogique-un-bien-commun-un-sociologue-entre-realite-et-reve-vst-vie-sociale-et-traitements-2022-65-71/">« Le face-à-face pédagogique, un bien commun ? Un sociologue, entre réalité et rêve ». VST, 2022, 65-71.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Ce texte est issu de la conclusion de ma thèse réfléchie comme une face B, dévoilant dans l&rsquo;après-coup un motif directeur de mon travail de recherche, le « produit de contraste » m&rsquo;ayant amené à analyser essentiellement les points de cloisonnement et de distinction d&rsquo;une institution.</p>



<p>Il est consultable en <a href="https://www.cairn.info/revue-vie-sociale-et-traitements-2022-3-page-65.htm">cliquant ici</a>. </p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/le-face-a-face-pedagogique-un-bien-commun-un-sociologue-entre-realite-et-reve-vst-vie-sociale-et-traitements-2022-65-71/">« Le face-à-face pédagogique, un bien commun ? Un sociologue, entre réalité et rêve ». VST, 2022, 65-71.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Trajectoire d&#8217;un questionnement : Quelques raisons pour faire récit d’une recherche en train de se faire ». Agencements, 3, 2019, 42-56.</title>
		<link>https://sebastien-joffres.net/trajectoire-dun-questionnement-quelques-raisons-pour-faire-recit-dune-recherche-en-train-de-se-faire-agencements-3-2019-42-56/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Joffres]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Aug 2024 23:29:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sebastien-joffres.net/?p=458</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cet article explore l'intérêt de développer une écriture narrative pour la recherche. Ce partage de la recherche comme processus permet de contribuer à la fabrique du métier de chercheur en nourrissant le partage des gestes, des doutes, des enjeux.</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/trajectoire-dun-questionnement-quelques-raisons-pour-faire-recit-dune-recherche-en-train-de-se-faire-agencements-3-2019-42-56/">« Trajectoire d&rsquo;un questionnement : Quelques raisons pour faire récit d’une recherche en train de se faire ». Agencements, 3, 2019, 42-56.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Ce texte mobilise un texte écrit pour la thèse. J&rsquo;y présente l&rsquo;intérêt perçu à développer une écriture narrative pour la recherche. Cette démarche contourne la facticité d&rsquo;un texte ne donnant à voir la recherche que comme résultat d&rsquo;un travail dont on n&rsquo;accède pas aux coulisses. Ce partage de la recherche comme processus permet de contribuer à la fabrique du métier de chercheur en nourrissant le partage des gestes, des doutes, des enjeux.</p>



<p>Ce texte est consultable sur Cairn en <a href="https://www.cairn.info/revue-agencements-2019-1-page-42.htm">cliquant ici</a>.</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/trajectoire-dun-questionnement-quelques-raisons-pour-faire-recit-dune-recherche-en-train-de-se-faire-agencements-3-2019-42-56/">« Trajectoire d&rsquo;un questionnement : Quelques raisons pour faire récit d’une recherche en train de se faire ». Agencements, 3, 2019, 42-56.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« L’expert du vécu existe-t-il ? ». Sociographe, 79, 2022, 127-133.</title>
		<link>https://sebastien-joffres.net/l-expert-du-vecu-existe-t-il-sociographe-79-2022-127-133/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Joffres]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 May 2024 14:57:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sebastien-joffres.net/?p=454</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ce texte propose une réflexion critique quant à la notion d'expert du vécu. Une telle approche ne fait que réaménager l’ordre existant À partir d'une expérimentation associative, une autre perspective est proposée.</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/l-expert-du-vecu-existe-t-il-sociographe-79-2022-127-133/">« L’expert du vécu existe-t-il ? ». Sociographe, 79, 2022, 127-133.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Ce texte propose une réflexion critique quant aux notions – « experts du vécu », « personnes ressources » – qui visent à revaloriser la place des destinataires de l’action sociale au nom de leurs savoirs. De telles approches ne font que réaménager l’ordre existant qui reste donc clivant entre les différentes places. À partir de l’expérimentation de l’association La Petite Cordée, projet à destination de jeunes en sortie sèche de la protection de l’enfance, le texte propose plutôt de déconstruire cet ordre pour le repenser à partir du commun : nous sommes tous parties prenantes.</p>



<p></p>



<p>Ce texte est consultable sur cairn en <a href="https://www.cairn.info/revue-sociographe-2022-3-page-127.htm">cliquant ici</a>.</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/l-expert-du-vecu-existe-t-il-sociographe-79-2022-127-133/">« L’expert du vécu existe-t-il ? ». Sociographe, 79, 2022, 127-133.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Pour creuser les mots creux ». Sociographe, HS-15, 147-161, 2022.</title>
		<link>https://sebastien-joffres.net/pour-creuser-les-mots-creux-petite-analyse-critique-de-limportance-des-reunions-dans-la-fabrique-des-dispositifs-de-formation-en-travail-social-sociographe-hs-15-147-161-2022/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Joffres]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 May 2024 11:42:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sebastien-joffres.net/?p=451</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au cours des réunions, les acteurs fabriquent les dispositifs des formations en travail social par la parole. Cependant, leur analyse permet d’en relever le caractère erratique, asymétrique, qui laisse dans le silence de nombreux points de vue et traite le réel sans méthode, malgré l’enjeu démocratique qui les fonde.</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/pour-creuser-les-mots-creux-petite-analyse-critique-de-limportance-des-reunions-dans-la-fabrique-des-dispositifs-de-formation-en-travail-social-sociographe-hs-15-147-161-2022/">« Pour creuser les mots creux ». Sociographe, HS-15, 147-161, 2022.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Au cours des réunions, les acteurs fabriquent les dispositifs des formations en travail social par la parole. Cependant, leur analyse permet d’en relever le caractère erratique, asymétrique, qui laisse dans le silence de nombreux points de vue et traite le réel sans méthode, malgré l’enjeu démocratique qui les fonde. Les réunions apparaissent alors comme des lieux qui, tout autant qu’ils fabriquent du collectif, produisent de la solitude, sur la base d’une langue creuse plutôt que partagée. Une piste serait de penser la parole comme un commun à travailler et à investir en tant que tel.</p>



<p>Cet article est issu du chapitre 4 de la thèse, consultable en <a href="https://sebastien-joffres.net/wp-content/uploads/2021/01/JOFFRES-These-Chapitre-4-Reunions.pdf">cliquant ici</a>.</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/pour-creuser-les-mots-creux-petite-analyse-critique-de-limportance-des-reunions-dans-la-fabrique-des-dispositifs-de-formation-en-travail-social-sociographe-hs-15-147-161-2022/">« Pour creuser les mots creux ». Sociographe, HS-15, 147-161, 2022.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Qui fabrique les formations sociales ? À propos de la participation des étudiants », Phronesis, 12, 64-78, 2024.</title>
		<link>https://sebastien-joffres.net/qui-fabrique-les-formations-sociales-a-propos-de-la-participation-des-etudiants-phronesis-12-64-78-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Joffres]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 May 2024 13:07:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sebastien-joffres.net/?p=449</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cet article, issu de la thèse, explore l'asymétrie entre formateurs et étudiants, dans la fabrication du dispositif de formation.</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/qui-fabrique-les-formations-sociales-a-propos-de-la-participation-des-etudiants-phronesis-12-64-78-2024/">« Qui fabrique les formations sociales ? À propos de la participation des étudiants », Phronesis, 12, 64-78, 2024.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>En amont des terrains professionnels, il est intéressant d’analyser la participation que les centres de formation laissent à leurs usagers – les étudiants – dans l’élaboration des dispositifs formatifs qu’ils investissent. Ce que les formateurs favorisent comme attitudes estudiantines est fondateur dans la transmission de l’habitus professionnel, ainsi nous faisons l’hypothèse que l’expérience d’une place en tant qu’étudiant construit le regard qui sera ensuite porté sur la possible participation des usagers. Pour analyser la participation estudiantine, nous suivrons le cheminement des évaluations qu’étudiants et formateurs font du dispositif dans leur prise en compte et dans leurs retombées pour l’avenir de la formation, à l’échelle d’un institut. Ainsi, nous montrerons que la fabrication des agencements formatifs revient aux formateurs. Dans le cadre d’une lecture foucaldienne en termes de pouvoir, les étudiants doivent toujours remettre leurs paroles et propositions aux formateurs qui, de manière discrétionnaire, décideront de l’avenir. La seule entité que l’étudiant peut produire, c’est lui-même. Pour le reste, il n’a pas de participation réelle et directe à l’élaboration de ce qui le concerne.</p>



<p>Article accessible en <a href="https://www.cairn.info/revue-phronesis-2023-1-page-64.htm">cliquant ici</a>. </p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/qui-fabrique-les-formations-sociales-a-propos-de-la-participation-des-etudiants-phronesis-12-64-78-2024/">« Qui fabrique les formations sociales ? À propos de la participation des étudiants », Phronesis, 12, 64-78, 2024.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Du neuf avec de l’ancien. Ou l’entretien semi-directif peut-il contribuer à renverser les rapports de pouvoir ? », Agencements, 10, 40-45, 2024.</title>
		<link>https://sebastien-joffres.net/du-neuf-avec-de-lancien-ou-lentretien-semi-directif-peut-il-contribuer-a-renverser-les-rapports-de-pouvoir-agencements-10-40-45/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Joffres]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 May 2024 07:06:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sebastien-joffres.net/?p=432</guid>

					<description><![CDATA[<p>L'entretien compréhensif, outil classique de la sociologie académique, peut-il être utilisé comme enjeu de transformation sociale ?</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/du-neuf-avec-de-lancien-ou-lentretien-semi-directif-peut-il-contribuer-a-renverser-les-rapports-de-pouvoir-agencements-10-40-45/">« Du neuf avec de l’ancien. Ou l’entretien semi-directif peut-il contribuer à renverser les rapports de pouvoir ? », Agencements, 10, 40-45, 2024.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Avec ce numéro anniversaire, nous voulions marquer le coup ! Une idée est lancée. Tentons une cartographie-constellation des notions, pratiques, expériences, récits qui nous semblent importants dans le moment contemporain, pour créer, lutter, résister, et habiter des mondes de plus en plus abîmés écologiquement et démocratiquement. Avec cette perspective en tête nous partons alors à la recherche des auteur·ices que nous avons envie, et besoin, de lire en ce moment. Nous les sollicitons pour des articles courts, entre 2 et 4 pages avec l’idée d’écrire dans le vif des situations, et de trouver une forme d’écriture singularisée par la période actuelle. Ce numéro donne donc à voir des démarches de recherches qui nous semblent à la fois singulières et nécessaires, défendues depuis des positions minoritaires, que nous disons tantôt situé·es, tantôt concerné·es, décalé·es, inspiré·es, dégagé·es, ou encore traversé·es. Ces (dis)positions de recherche forment ainsi des nuées dans la vaste constellation que nous avons fabriquée.</p>
<cite>Édito, Agencements, 10. </cite></blockquote>



<p>A l&rsquo;occasion du numéro 10 de la revue, je propose un court texte qui vise à réfléchir l&rsquo;usage de l&rsquo;entretien compréhensif dans le cadre d&rsquo;un projet de recherche participatif. Là où il peut sembler l&rsquo;outil le plus banal, et par là, un des moins aptes à nourrir un travail d&rsquo;expérimentation politique, je tente d&rsquo;y entrevoir d&rsquo;autres possibles. </p>



<p>Le numéro, dans sa belle édition papier, est à commander, au milieu de plusieurs autres ouvrages passionnants, aux éditions du commun : <a href="https://www.editionsducommun.org/collections/all/products/agencements-n-10-mars-2024" target="_blank" rel="noreferrer noopener">acheter le numéro</a>. Il peut aussi être <a href="https://www.cairn.info/revue-agencements-2024-1-page-40.htm" target="_blank" rel="noreferrer noopener">consulté sur Cairn</a>.</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/du-neuf-avec-de-lancien-ou-lentretien-semi-directif-peut-il-contribuer-a-renverser-les-rapports-de-pouvoir-agencements-10-40-45/">« Du neuf avec de l’ancien. Ou l’entretien semi-directif peut-il contribuer à renverser les rapports de pouvoir ? », Agencements, 10, 40-45, 2024.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Un sociologue au cœur des fêtes votives », Agencements, n°2, 2019.</title>
		<link>https://sebastien-joffres.net/un-sociologue-au-coeur-des-fetes-votives-agencements-n2-2019/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Joffres]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Mar 2022 17:29:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sebastien-joffres.net/?p=238</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cet article est un compte-rendu d&#8217;enquête rédigé à l&#8217;occasion de ma participation durant 2 semaines à un lieu d&#8217;accueil et de prévention, la Free Zone, au cœur de la fête votive d&#8217;une ville de l&#8217;Hérault. Le dispositif d&#8217;écriture a été convenu avec un collègue chercheur à qui j&#8217;écrivais chaque nuit après mon retour du travail [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/un-sociologue-au-coeur-des-fetes-votives-agencements-n2-2019/">« Un sociologue au cœur des fêtes votives », Agencements, n°2, 2019.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Cet article est un compte-rendu d&rsquo;enquête rédigé à l&rsquo;occasion de ma participation durant 2 semaines à un lieu d&rsquo;accueil et de prévention, la Free Zone, au cœur de la fête votive d&rsquo;une ville de l&rsquo;Hérault. Le dispositif d&rsquo;écriture a été convenu avec un collègue chercheur à qui j&rsquo;écrivais chaque nuit après mon retour du travail pour lui faire part d&rsquo;anecdotes, d&rsquo;impressions, de questionnements, qui m&rsquo;étaient venus durant la soirée. Sur la base de cette matière, j&rsquo;ai tenté d&rsquo;extraire des axes permettant de questionner le dispositif et la pratique quotidienne de celui-ci. </p>



<p>Ce choix de dispositif d&rsquo;écriture s&rsquo;inscrit dans un contexte donné. Pour le numéro 2 de la revue Agencements, j&rsquo;avais proposé un autre article dont l&rsquo;idée m&rsquo;ennuyait finalement. Alors que nous échangions avec cet autre chercheur sur la possibilité d&rsquo;écrire à partir de cette expérience qui s&rsquo;approchait, il m&rsquo;a proposé ce dispositif. En soi, il n&rsquo;a pas, ou peu, répondu à mes adresses nocturnes. Mais ce motif, fictionnel cette fois-ci, de la correspondance a permis de me mettre en écriture.</p>



<p>Une version quasi-finalisée a été remise à l&rsquo;équipe gestionnaire du dispositif, celle du pôle jeunesse du territoire, leurs réactions ont pu être prises en compte pour la rédaction du texte final. </p>



<p></p>



<p></p>



<p><a href="https://sebastien-joffres.net/wp-content/uploads/2022/03/JOFFRES-Le-sociologue-au-coeur-de-la-fête.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Télécharger ici.</a></p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/un-sociologue-au-coeur-des-fetes-votives-agencements-n2-2019/">« Un sociologue au cœur des fêtes votives », Agencements, n°2, 2019.</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Présentation de la thèse</title>
		<link>https://sebastien-joffres.net/presentation-de-la-these/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sébastien Joffres]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jul 2021 15:25:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pratiques formatives]]></category>
		<category><![CDATA[Thèse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sebastien-joffres.net/?p=296</guid>

					<description><![CDATA[<p>Fabriquer les formations en travail social : sociologie d&#8217;un monde social et de ses activités Si vous souhaitez obtenir le manuscrit complet de mon travail de thèse, vous pouvez cliquer ici. Sinon, j&#8217;en propose un résumé à la suite, en égrenant, au fur et à mesure des idées fortes, les différents chapitres en version téléchargeable. [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/presentation-de-la-these/">Présentation de la thèse</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Fabriquer les formations en travail social : sociologie d&rsquo;un monde social et de ses activités</strong></p>



<p><em>Si vous souhaitez obtenir le manuscrit complet de mon travail de thèse, vous pouvez <a href="https://sebastien-joffres.net/wp-content/uploads/2021/05/Joffres-ManuscritComplet.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cliquer ici</a>. Sinon, j&rsquo;en propose un résumé à la suite, en égrenant, au fur et à mesure des idées fortes, les différents chapitres en version téléchargeable.</em></p>



<p>Par cette recherche, j’ambitionne de cartographier les acteurs et leurs négociations, les activités et leurs enchaînements, les espaces‑temps et leurs articulations, à travers lesquels les formations en travail social sont fabriquées et transformées. À côté des approches habituelles qui interrogent la professionnalisation des étudiants, la pédagogie à proprement parler, ou bien le métier du formateur, je questionne les activités quotidiennes qu’il faut mener à bien pour que les dispositifs formatifs prennent leur forme définitive. Ce projet se fonde sur une enquête de terrain de trois années, concentrée sur le fonctionnement d’un Institut Régional du Travail Social, outillée par l’approche interactionniste sur les mondes sociaux et la sociologie de l’acteur‑réseau.</p>



<p>Cette recherche s’inscrit dans un rapport fortement impliqué à l’objet. Je l’ai essentiellement menée de la place de formateur, désir d’orientation qui dépassait ma thématique de thèse. Par ailleurs, mon cadre théorique m’amène à la concevoir comme une activité, à l’instar de celles que j’observe. De ce fait, en symétrie de l’analyse d’un monde social, je propose le récit de mon propre travail et de ses articulations. J’entends donner à voir, à travers divers espaces‑temps, étapes, rencontres et aléas, la manière dont se sont construits, en lien avec ma trajectoire, un questionnement (<a href="https://sebastien-joffres.net/wp-content/uploads/2021/01/JOFFRES-These-Chapitre-1-Trajectoire-dun-questionnement.pdf">chapitre 1</a> et <a href="https://sebastien-joffres.net/wp-content/uploads/2021/01/JOFFRES-These-Chapitre-2-Quand-lacteur-réseau-rencontre-le-formateur.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">chapitre 2</a>), une projection sur un terrain et leur réalisation (<a href="https://sebastien-joffres.net/wp-content/uploads/2021/01/JOFFRES-These-Chapitre-3-Faire-terrain.pdf">chapitre 3</a>). Je propose ainsi la socio‑histoire d’un objet, non à travers celle d’un champ disciplinaire, mais par mes pratiques concrètes de chercheur.</p>



<p>Dans la fabrique des formations, je montre que les réunions tiennent un rôle fondamental, espaces‑temps qui centralisent les avis de chacun sur le fonctionnement des autres lieux et moments du dispositif, qui les évaluent et se projettent sur ce qu’ils pourraient être (<a href="https://sebastien-joffres.net/wp-content/uploads/2021/01/JOFFRES-These-Chapitre-4-Reunions.pdf">chapitre 4</a>). La parole est leur outil principal pour mettre en scène la formation de manière collective et l’élaborer. Cependant, ces instances sont peu mobilisées pour travailler, en profondeur et intentionnellement, un commun de significations et de pratiques pédagogiques. Tout en rassemblant, elles produisent aussi des cloisonnements entre les acteurs. Du fait des flous qui entourent les mots, sous les apparences d’une entente commune, chacun est souvent renvoyé à sa conception propre de ce que peut et devrait être la formation.</p>



<p>Par ailleurs, cette recherche analyse les usages dont les entités temporelles sont l’objet (<a href="https://sebastien-joffres.net/wp-content/uploads/2021/01/JOFFRES-These-Chapitre-5-Temps-et-rythmes-du-dispositif.pdf">chapitre 5</a>). Elle suit l’élaboration d’une nouvelle année de formation dans le cadre d’un processus de réforme. Le temps, ressource et contrainte définies par les textes juridiques, apparaît essentiellement comme une modalité qui rationalise la fabrication du dispositif et structure fondamentalement ce dernier. En réunion, les responsables de filière établissent une première trame en attribuant des quotités de temps (année, semestre, semaine, heure) à des promotions, des intitulés généraux de modules, des thématiques et des modalités pédagogiques qui ne sont pas définis de manière commune et précise. Ainsi, ils produisent des contenants temporels et pédagogiques qui compartimentent la formation, sans réellement dire quoi que ce soit sur la qualité de ce qui devrait s’y passer. Ils quantifient avant de qualifier.</p>



<p>Une logique d’éclatement se construit au fil de la chaîne hiérarchique (<a href="https://sebastien-joffres.net/wp-content/uploads/2021/01/JOFFRES-These-Chapitre-6-Fabriquer-dans-leclatement.pdf">chapitre 6</a>). Le flou des mots et la primeur du temps rationalisé se trouvent dès les textes juridiques, ainsi que dans les prescriptions de la direction. Les responsables travaillent dans ce périmètre et selon cette même logique qu’ils transmettent ensuite aux formateurs permanents. À l’intérieur des espaces‑temps thématiques et pédagogiques, et en fonction des responsabilités qui leur sont attribuées (suivi de promotion, ingénierie d’un module, réalisation d’un cours, etc.), ces derniers doivent penser les contenus réels. Si les réunions sont l’occasion de réfléchir les liens, elles ne permettent pas une élaboration collective suffisante, voire cette dernière est empêchée. Chacun est assigné à son territoire pédagogique dans lequel il travaille à construire la part de dispositif qui lui revient. Cette logique d’éclatement se poursuit lorsqu’il est question de transmettre aux intervenants ce qu’ils devront réaliser devant les étudiants. La difficulté à préciser finement ce qui doit être fait et les différences d’expertise gênent l’élaboration commune et renvoient chacun à ce qu’il réussira à produire dans l’entrecroisement de temps, de modalités pédagogiques et de thématiques qui lui reviennent. Il est toujours plus facile de se mettre en accord sur des durées et des mots généraux que sur la qualité de ces éléments.</p>



<p>Ainsi, malgré un désir de collectif et de cohérence très prégnant, la formation s’élabore en différents territoires entre lesquels les liens peinent, notamment dans les instances officielles. Le commun du sens et des pratiques est produit souvent dans l’informel, selon les volontés, les disponibilités et le temps arraché aux tâches urgentes. Seuls quelques espaces parcellaires de cohérence émergent de ce travail.</p>



<p>Finalement, l’absent de ces processus est l’étudiant (<a href="https://sebastien-joffres.net/wp-content/uploads/2021/01/JOFFRES-These-Chapitre-7-La-part-des-etudiants-dans-le-dispositif.pdf">chapitre 7</a>). Lorsqu’il arrive dans le dispositif, le seul élément considéré comme inachevé est sa propre personne. Il lui revient la tâche de se construire en tant que professionnel dans l’univers délimité par le formateur. Le rapport de pouvoir entre eux est ainsi caractérisé par l’antériorité du second sur le premier. Le formateur pense ce dont l’apprenant a besoin et le réalise dans un agencement pédagogique que ce dernier devra traverser en réponse aux demandes qui lui sont adressées. Même une fois en co‑présence, seul le formateur est en mesure d’adapter le dispositif. L’étudiant est certes acteur, mais il doit, s’il souhaite être approuvé par l’institution, se maintenir à l’intérieur de la topographie pensée pour lui, selon les savoirs que les formateurs produisent à son égard quotidiennement.</p>



<p>La conclusion passe en coulisse et détaille l&rsquo;utopie à partir de laquelle le monde social des formations est analysé, ce qui le met en visibilité à travers ses frontières et coupures. Les formations sociales peuvent-elles être pensées en tant que communs (<a href="https://sebastien-joffres.net/wp-content/uploads/2021/01/JOFFRES-These-Face-B-Construire-en-commun-construire-le-commun.pdf">Face B</a>) ? </p>
<p>L’article <a href="https://sebastien-joffres.net/presentation-de-la-these/">Présentation de la thèse</a> est apparu en premier sur <a href="https://sebastien-joffres.net">Sébastien Joffres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
